Un souvenir 

qui ne reste pas en place

un absurde nombre d'années

et finalement personne

pour briser la glace.

Ce quelqu'un qui te ressemble

que tu n'as pu percevoir

dis-moi où il s'en est allé, 

celui qui aurait dù exister

l'arrogance n'est que peur déguisée,

et tu pouvais vivre 

sans jamais vouloir me reconnaitre…

c'était plus qu'une erreur 

que de ne pas le concevoir,

parfois l'indifférence 

sonne comme coup de poignard,

et souvent la vengeance 

ne peut rien cicatriser,

j'ai du mal à me le cacher, 

à me l'avouer,

mais sais-tu au moins combien 

celui que tu n'étais pas

était cher à mes yeux,  

je nous ai attendu si longtemps...

 

Mais cela fait une éternité 

que tu as fermé la porte

je me surprends parfois à rêver y frapper,

j'ai tant souffert de ne pas 

l'avoir fermé avant toi,

me surprendre à attendre

à attendre ce qui n'attends pas,

ça me rappelle toujours 

à celle que je ne suis pas,

au peu que tu as daigné 

connaitre de moi,

faudra que je vive avec ça

faire avec, c'est-à-dire sans,

sans appui et sans mode d'emploi

pour faire avec tout ce qui résonne 

dans le vide de l'indifférence,

celle qui me donne un goût amer

seule et solitaire, 

celle qui a un goût d'enfance

un étrange désert,

et me laisse sans défense

face à ces questions qui s'enterrent.

 

ça fait longtemps que c'est une urgence

de redescendre sur terre

et chercher ces regards 

qui éclipsent l'absence

mais j'ai toujours en moi 

le souvenir de cette guerre

qui vivait dans ton regard

ou peut-être dans le mien

je ne crois plus que c'était un bazar

mais je ne crois plus en rien

et c'est toujours trop tard

pour arrêter de chercher

midi à quatorze heures,

les questions déménagent

dans mes affaires non classées

mais une seule ressurgie

parfois de ces années

une question ne s'est pas évanouie

et n'a jamais de sursis :

pourquoi donc faire de moi 

ton ennemie ?